Bibliothèque

La bibliothèque du Goetheanum compte environ 110.000 livres. Horaires d'ouverture : mardi de 14h à 19h et vendredi de 14h à 18h

Vie au Goetheanum

12.03.2014 12:04 Il y a : 4 yrs
Auteur : Constanza Kaliks

Société anthroposophique générale: thème pour l’année 2014-2015

Le thème de cette année, “ ‘Je se reconnaît’ ? à la lumière de l’approbation michaélique du monde” permettra de poursuivre le chemin en passant de la société à l’individualité. L’individu, tout comme la société, est placé devant des défis tels que la contemporanéité, mais doit également trouver un lien avec le monde, comme base de la connaissance de soi.


Se relier volontairement au monde dans l’amour: la face de Michaël de Walther Kniebe (Foto: Sebastian Jüngel)

Durant les deux dernières années, nous avons tenté de cheminer de la question de "l’identité de la Société anthroposophique" à celle de "la pose de la Pierre de fondation du premier Goetheanum", comme événement où le Je, compris dans son évolution, devient un axe central. Au sein l’époque présente, ces deux thèmes définissent deux points de vue qui ne soulignent pas seulement le contexte de la Société anthroposophique, mais sont surtout des questionnements fondamentaux de cette dernière.

Entre abîme et renouveau

Au cœur des enjeux de notre époque, il y a d’abord la question du Je et de son face-à-face avec le monde: les menaces qui planent sur le Je, le défi de vivre en des temps mouvementés, complexes et, pour beaucoup de destinées, d’une lourde gravité; simultanément, les possibilités qui germent pour saisir et réaliser la nature humaine* de manière nouvelle. Notre contemporanéité est plus qu’un simple trait commun à tous les humains: elle est le point de départ d’un abîme sans fond et d’un immense renouveau. Ces thèmes sont par ailleurs traités au sein de la Société anthroposophique, avec le recul du centenaire, dans une perspective tant historique que réflexive d’où pourront jaillir des impulsions nouvelles et novatrices pour faire face aux grandes questions et défis de notre époque.

Notre contemporanéité est questionnée doublement. Où commence la connaissance de soi qui s’opère en lien étroit avec le cours du monde ? La devise “Je se reconnaît” est une fenêtre de connaissance pour l’âme de conscience et un point de départ pour se tourner vers l’esprit qui vit en l’homme et dans le monde. Ce retournement vers l’esprit naît d’une imbrication profonde de l’homme et de la matière, d’un penser qui s’est lié et formé dans le contexte des manifestations matérielles.

Compréhension du vivant

Nous sommes encore au commencement de l’ère michaélique entamée à la fin du 19ème siècle. Le chemin vers une connaissance de l’esprit et vers une existence cosmopolite dans le monde est un chemin parcouru dans des conditions souvent oppressantes, dans lesquelles nous nous sommes placés nous-mêmes, en tant qu’humanité, mais où de nouvelles facultés peuvent devenir expérience concrète. Beaucoup se sentent profondément affectés: nous nous reconnaissons et nous ressentons toujours plus impliqués dans une appartenance commune.

L’être humain possède des capacités pour une connaissance au service de la vie et qui doit être en accord avec elle. Les concepts et les idées, données en tant que lois scientifiques, se révèlent insuffisants pour comprendre le vivant. Cette compréhension n’existe que dans une ouverture active envers l’autre et n’est plus une image du monde, mais un être-dans-le-monde participatif, un penser qui permet d’entrer en relation, de vivre le lien entre les choses. Et ce qui est relié et interdépendant, c’est précisément la nature humaine. Rudolf Seiner décrit comment notre appartenance à la Terre résulte de ce vécu de l’interdépendance avec les autres hommes, comment notre lien à la Terre dépend de notre lien aux hommes (1). L’humanité de l’homme, si souvent remise en question aujourd’hui, se réalise dans son lien avec le monde : ”L’homme devient toujours plus humain dans la mesure où il devient une expression du monde ; il se trouve, non pas en se cherchant, mais en se reliant volontairement au monde dans l’amour.” (2)

On peut déceler de grandes potentialités, mais de grands seuils se révèlent par cette sensibilité: la volonté de décision, d’action, devient souvent une épreuve. Une timidité peut apparaître face aux décisions à prendre et à mettre en œuvre, à cause d’un pressentiment des conséquences imprévisibles de l’action.

Espérance et attente

Se “relier volontairement au monde dans l’amour” présuppose d’approuver ce monde. Cette approbation n’est pas seulement une condition préalable, mais elle s’accomplit aussi dans une connaissance qui veut se tourner vers la réalité dans toute sa plénitude, y compris dans sa dimension spirituelle. Rudolf Steiner place le motif michaélique de l’approbation du monde en opposition avec le motif d’Ahriman, qui se replie totalement sur son être propre dans une négation du monde : “Une des imaginations de Michaël est aussi celle-ci : il va, par le cours du temps, portant essentiellement la lumière issue du cosmos comme étant son être ; façonnant la chaleur issue du cosmos comme étant la manifestation de son propre être ; il va tel un être qui est comme un monde, ne s’approuvant qu’en approuvant le monde, comme s’il faisait descendre sur terre des forces issues de tous les lieux de l’univers.” (3)

Cette approbation du monde peut être vécue de diverses façons. La natalité de l’homme, le fait que l’homme se décide à naître, que la volonté de vie sur la terre soit ainsi décidée, que l’homme se relie à la matière et se crée un corps est sans doute la plus grande expression de notre approbation du monde.

Lors d’une allocution donnée il y a 90 ans devant des jeunes à Wroclaw, Rudolf Steiner parle d’une fête de Michaël, où l’avenir résonne à partir d’un sentiment commun d’espérance et d’attente: “Nous devrions vraiment parvenir à ce que cette vie naissante de l’avenir, que nous ressentons encore de façon tout à fait embryonnaire, s’exprime à travers des fêtes de l’espérance, des fête de l’attente. [...] Il ne faut pas seulement construire quelque chose de vague sur l’idée de Michaël, mais la conscience qu’un nouveau monde d’âme doit être fondé parmi les hommes. C’est en effet le principe de Michaël qui peut servir de guide. Il faut un vécu commun pour pouvoir développer un temps de fêtes michaéliques au cours duquel l’esprit de l’espérance, l’esprit de l’attente peut vivre.” (4)

La connaissance de l’esprit comme base de l’approbation

L’espérance et l’attente comme expression de cette approbation du monde sont le contexte dans lequel nous souhaiterions placer le thème annuel : le Je, qui se relie au monde dans son acte de connaissance, une vie ésotérique qui peut se mettre au service de l’approbation de l’homme et du monde.

La connaissance de l’esprit comme base de l’approbation d’un monde qui a oublié l’esprit, mais qui veut être reconnu dans sa spiritualité. Nous vous souhaitons une belle année de travail avec ce thème !

Constanza Kaliks, Goetheanum-Leitung

-----

* Ndt: le terme "Menschlichkeit" traduit ici par "nature humaine", pourrait aussi être traduit par "humanitude", mais il s'agit d'un néologisme, qui ne figure pas dans les dictionnaires, utilisé par Albert Jacquard dans le livre Cinq Milliards d'hommes dans un vaisseau.

(1) “[...] Le Christ est descendu pour tous les hommes. Ce n’est cependant que si nous ressentons notre lien avec tous les hommes que nous appartenons à la terre, que nous y appartenons vraiment. La compréhension profonde du Christ vit dans le lien avec les hommes et dans ce que nous entreprenons pour ce lien entre les hommes, pour ce lien complet et entier.” (Rudolf Steiner : Karma de la profession (GA 172), éditions Triades 2004, conférence du 27 novembre 1916)

(2) Rudolf Steiner, Les lignes directrices de l’anthroposophie (GA 26), “Les pensées cosmiques dans l’action de Michaël et d’Ahriman”, 16 novembre 1924, publié aux Éditions Novalis). Traduction différente.

(3) Suite de la citation : ”A l’opposé, en voici une d’Ahriman : il voudrait, dans sa marche, à partir du temps conquérir l’espace, il est entouré de ténèbres dans lesquelles il envoie les rayons de sa propre lumière ; il est entouré d’un froid d’autant plus glacé qu’il réalise ses intentions ; il se meut comme un monde qui se contracte en un seul être, le sien, ne s’approuvant que par la négation du monde ; il se meut comme s’il emportait avec lui les forces inquiétantes de sombres cavernes de la terre.”

(4) Cherchez le chemin vers l’humain !, (in GA 217a) Triades 2009. Conférence du 9 juin 1924.

Issu de “Anthroposophie weltweit” 3/2014


Drames-Mystères

Drames-mystères 2017 (en allemand) :

Conférence (26.–31.12.)

Représentations (27.–31.12.) 

 

 

Visites Grande Salle

Chaque jour de 13h30 à 14h30

Veuillez noter des horaires modifiés :

29.12.2017: Fermée

13.–15.12., 19.–21.12.2017 et 28.,12., 30.12., 31.12.2017: 13h30–14h

17.2.2018: 13h30–14.15h